Philéas Lebesgue

Jean-louis Andreani
Auteurs

Le 25 octobre 1924, Philéas Lebesgue écrivait à son ami Charles Fauqueux, directeur de l’Ecole Normale de Beauvais : "… Quinze jours de travail acharné ne seront pas de trop pour me permettre d’achever mes semailles de froment…" Comment, dans ces conditions, le poète-paysan a-t-il pu exercer d’autres activités aussi diverses que conséquentes ?

Philéas Lebesgue naquit le 26 novembre 1869 à La Neuville-Vault, petit village de l’Oise, non loin de Beauvais. Ses parents, propriétaires agricoles, le firent entrer au collège de Beauvais. Il le quitta trois ans plus tard pour raison de santé. A dix-huit ans, il publia ses premiers poèmes, à vingt ans son premier drame lyrique.

Doué de capacités intellectuelles exceptionnelles, il apprit en autodidacte le portugais, le grec moderne, le serbo-croate. Son oeuvre littéraire est très variée : il fut romancier (L’âme du destin…) ; poète (Décidément, La grande pitié, La bûche dans l’âtre…) ; auteur de pièces de théâtre, d’essais, de chansons ; traducteur aussi bien du Brésilien José de Alencar que de textes en breton (Sous le chêne des druides) ; linguiste (L’Au-delà des grammaires) ; critique au Mercure de France, de 1896 à 1940, pour les lettres portugaises, grecques, yougoslaves et brésiliennes ; rédacteur dans de nombreuses revues littéraires…

Passionné par le celtisme, il fut nommé Grand druide bardique des Gaules. Il correspondit avec la plupart des auteurs contemporains français (Pergaud, Verhaeren, Duhamel…) et étrangers. Pas moins de 25 000 lettres sont conservées dans sa maison de La Neuville-Vault, devenue le siège de la Société des Amis de Philéas Lebesgue.

Il effectua des voyages en Grèce, au pays de Galles et au Portugal.
Ces périples le ramenèrent toujours à sa terre natale picarde, sa principale source d’inspiration. Son ami Léon Duvauchel (auteur notamment de L’Hortillonne, La Moussière et Le Tourbier, trilogie romanesque consacrée à la Picardie, également rééditée dans cette collection par les Editions du Trotteur ailé) ne lui a-t-il pas écrit un jour, « vous êtes mieux placé que personne pour analyser et "psychologiser" le monde rustique » ?

Les oeuvres de Philéas Lebesgue furent plusieurs fois récompensées : prix Moréas en 1924 ; grand prix d’honneur du vingtième congrès des Ecrivains de France ; prix de l’Académie française en 1956.
Philéas Lebesgue présida l’Académie et la Société des Ecrivains de France de 1936 à sa mort… et fut premier magistrat de sa commune de 1908 à 1947 ! En 1896 il épousa Maximilienne Piet, qui lui donna trois enfants.

Une vie on ne peut plus remplie, pour ce poète-paysan qui mourut en 1958 dans sa quatre-vingt-neuvième année.

La Société des Amis de Philéas Lebesgue fut crée de son vivant, en 1930.
 En voici les coordonnées :

Société des Amis de Philéas Lebesgue
 1 Rue Philéas Lebesgue
60112 La Neuville-Vault

Cette association publie un Bulletin des Amis de Philéas Lebesgue.
Son président actuel, M. François Beauvy, a soutenu une thèse de doctorat, en 2003, à l’Université de Paris X-Nanterre : Philéas Lebesgue et ses correspondants en France et à l’étranger. Cette thèse a été publiée en 2004 aux éditons Awen.

Notes sur l'écrivain par Jean-Pierre Steckiewiez

Romans de Philéas Lebesgue édités par le Trotteur Ailé

Le Sang de l’Autre édité en avril 2010 dans la collection Lettres de Picardie
Terre Picarde édité en juin 2008 dans la collection Lettres de Picardie