Léon Duvauchel

Jean-louis Andreani
Auteurs

Léon Duvauchel

Né à Paris le 19 avril 1848, Léon Duvauchel revendiquait ses origines picardes. Ainsi écrivait-il dans un poème intitulé Atavisme :
Mes aïeux paternels étaient des laboureurs ;
Ils retournaient le sol à Crécy-la-Bataille…
(Crécy-en-Ponthieu, jolie bourgade bordée d’une forêt, située entre Amiens et la baie de Somme…) Pourtant son père était né à Paris en 1803 et la seule trace probable d’un aïeul picard est l’existence prouvée d’un Charles Louis Duvauchel, berger dans le Ponthieu vers 1740…

Léon Duvauchel épousa Louise Périer, une cousine germaine, dont il eut une fille unique, Jeanne.
En septembre 1875, selon Robert Labille, spécialiste de l’auteur, il découvrit la forêt de Cuise (en fait l’ancienne appellation de la forêt de Compiègne) et le hameau de Vaudrampont au sud du massif. Ce fut pour ce jeune homme comme le coup de foudre et, dès lors, cette forêt et ce site lui appartiendront. En 1890, il s’installa à Saint-Jean-aux-Bois à quelques kilomètres de Vaudrampont, où il demeura jusqu’en 1902 (il est enterré au petit cimetière de ce beau village de pierre). Il ne renia pas pour autant la capitale, où il passait la moitié de l’année :
Assis l’été sous les grands hêtres,
L’hiver aux cafés élégants,
Je suis Sylvain, voyez mes guêtres !
Je suis mondain, voyez mes gants !
(Poèmes de Picardie)

Il fut davantage "Sylvain" que mondain (il s’agit d’un clin d’oeil à la forêt, Sylvain vient en effet du latin Sylvanus ou Silvanus, qui signifie dieu des forêts) et ses écrits en firent le barde de la forêt et de la Picardie. De la forêt dans La Moussière et Le livre d’un forestier. De la Picardie dans Le Tourbier et L’Hortillonne, romans qui dévoilent les moeurs picardes à la fin du XIXème siècle. Ou dans Poèmes de Picardie : "Salut Picardie ! Picardie blanche et verte, Picardie nourricière…"

Léon Duvauchel s’illustra en publiant ses romans, ses nouvelles et ses poèmes, mais aussi en produisant des peintures à l’huile, des croquis au fusain. La nature prédominait toujours dans ses oeuvres, même celle de la capitale dans le recueil Les horizons de Paris. Il collabora à des revues littéraires et écrivit dans la plupart des journaux de l’Oise. Grand ami de Théophile Gautier et de Pierre Loti, il appartenait à l’école dite naturiste. Face au romantisme social de Victor Hugo, au réalisme de Flaubert ou de Champfleury (natif de Laon dans l’Aisne, auteur de Les souffrances du professeur Delteil, dans la même collection), et au naturalisme de Zola, il visait à rechercher et à décrire le bien et le beau chez l’homme et dans la nature.

En 1890, quand Léon Duvauchel se fixa en Picardie, la Troisième République était encore jeune et la morale jouait un rôle essentiel dans l’éducation des citoyens.
L’engagement patriotique de l’auteur apparaît nettement dans le choix des héros des trois poèmes qui composent Pour mon pays : Joseph Bara (tambour à 14 ans, héros légendaire de la Révolution française, tué pendant la guerre de Vendée), Rouget de Lisle (auteur de La Marseillaise) et Marie Fouré (héroïne de la ville de Péronne - Somme - lors du siège de 1536).

Il sublimait les sentiments nobles. Ainsi, toujours dans Poèmes de Picardie :
Mon cousin, le maître d’école…
Vous qui, laborieux, modeste…
Faites-leur bien aimer la France…

Léon Duvauchel se montra citoyen en participant activement à la vie de Saint-Jean-aux-Bois : il fut élu conseiller municipal en 1896, ce qui lui permit de consacrer son énergie à la restauration et à l’entretien des monuments communaux.

Le musée Antoine Vivenel de Compiègne possède un portait de l’écrivain peint par Paul Merwat en 1887. Avec son front haut, ses yeux francs, sa chevelure abondante, sa barbe et ses moustaches en pointes, il offre l’image d’un intellectuel simple et débonnaire.

Il mourut en 1902 à Paris. Selon ses voeux, il repose dans la paix sylvestre de Saint-Jean-aux-Bois. La visite du village (où se dresse encore la maison de l’écrivain, qu’il baptisa La Moussière) et de son cimetière valent le détour.

Une riche « étude biographique » a été publiée en juin 2008 par l’Association La mémoire de Saint-Jean-aux-Bois : Robert Labille, Léon Duvauchel 1848-1902 Le poète de la forêt de Compiègne.
Disponible auprès de l’Association :
1 chemin du Ru
60350 Saint-Jean-aux-Bois.
Tél : 03 44 42 86 71

Notes sur l'écrivain par Jean-Pierre Steckiewiez

Romans de Léon Duvauchel édités par le Trotteur Ailé

L’Hortillonne, édité en mai 2008 dans la collection Lettres de Picardie
Le Tourbier, édité en septembre 2008 dans la collection Lettres de Picardie
La Moussière, édité en novembre 2008 dans la collection Lettres de Picardie