Le Veilleur du Mont Saint-Mard

François Beauvy
Nature et Patrimoine

et autres arbres remarquables de la forêt de Compiègne.


Couverture : dans la lumière de l’été, un arbre et une maison, tous deux remarquables. Vue prise depuis la plaine à l’intérieur du village de Rethondes (Oise), entre la rue Charles de l’Aigle et la rue Bernard Bejot. Cette jolie maison à colom
Couverture : dans la lumière de l’été, un arbre et une maison, tous deux remarquables. Vue prise depuis la plaine à l’intérieur du village de Rethondes (Oise), entre la rue Charles de l’Aigle et la rue Bernard Bejot. Cette jolie maison à colom
Du haut du mont Saint-Mard en forêt de Compiègne, il semble veiller sur la vallée de l’Aisne. Nous l’avons surnommé "le Veilleur du mont Saint-Mard". François Beauvy vous raconte l’histoire extraordinaire de ce pin laricio de Corse. Planté ici il y a quelque 160 ans, oublié, sauvé in extremis de la hache des bûcherons en 2007, il est devenu un symbole de l’une des plus belles forêts de France. Le texte et les magnifiques photos en couleurs de ce livre incitent aussi à la découverte d’autres arbres remarquables du massif de Compiègne. Ils invitent à partager toute l’âme et la poésie de la forêt.

Extrait du livre

Il surplombe la colline, s’aperçoit de très loin, face à Rethondes. Sa silhouette domine tous les autres arbres, au coeur d’un taillis et d’une futaie feuillue. C’est un résineux, mais lequel: sapin, épicéa, douglas, pin ? Il a longtemps vécu caché, discret. Seuls ceux qui l’avaient planté, vers 1850, se sont préoccupés de lui. Ensuite, il a été oublié pendant un siècle et demi… Et pourtant, de tous les arbres exceptionnels de la forêt de Compiègne, il est aujourd’hui le seul à dominer ainsi toute une vallée, celle de l’Aisne : veilleur familier et majestueux, silhouette spectaculaire découpée sur le ciel clair, visible à des kilomètres à la ronde depuis l’entrée de Rethondes en venant de Choisy-au-Bac, puis tout le long de la lisière de la forêt de Laigue, presque jusqu’à Berneuil-sur-Aisne.
En 2007, l’arbre s’est trouvé dégagé. Cette année-là, une importante coupe de bois a été faite aux abords du carrefour des Carrières, au sommet du mont Saint-Mard, nom picard de saint Médard. C’est là que l’arbre s’est enraciné à flanc de colline, à quelques mètres du rebord du plateau formé par le mont. Il devait être compris dans l’opération et abattu. Mais avant toute coupe, les agents de l’ONF, l’Office national des forêts, choisissent les arbres à abattre et les marquent par un martelage avec un marteau forestier. Seuls les fûts désignés seront coupés par les bûcherons l’hiver suivant.
Ce travail se fait en équipe de trois à six agents munis d’un document de gestion, d’équerres et de marteaux forestiers. Un beau matin, dans la parcelle 4141, le marteleur arrive au pied du grand résineux. Le document de gestion ne fait pas état de la conservation d’un arbre particulier. Le marteleur en fait le tour. Il prend du recul pour mieux l’examiner.
D’habitude, il n’hésite pas. Mais cet arbre est différent des précédents. C’est le plus gros de la matinée… Son tronc est immense, rectiligne. Il est bien équilibré, avec des proportions étonnantes ! En forêt domaniale, la gestion est impérative, très sélective, mais lente : elle survole les siècles. L’homme paraît...

L'auteur: François Beauvy


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