Le Bon vieux temps

Félix Fabart
Lettres de Picardie

Suivi de Récits du pays de Picardie


Davenescourt, près de Fignières dans la Somme
Davenescourt, près de Fignières dans la Somme
"L’artisan de cette révolte aux environs de Montdidier, Fignières, Boussicourt, Davenescourt, etc., fut Jacques-la-Hart"…

"Jacquerie": le mot désigne une révolte violente mais sans espoir, un sursaut sans lendemain de "gens d’en bas". Mais les Picards eux-mêmes ignorent souvent que la "vraie" Jacquerie est partie de Picardie, en 1358. Félix Fabart, à la fin du xixe siècle, dresse un tableau saisissant de cette révolte des "Jacques", les paysans poussés à bout par des Seigneurs impitoyables, à travers un roman historique situé autour du fief de Fignières, dans la Somme près de Montdidier: son talent de conteur transporte véritablement le lecteur dans ces temps sombres du Moyen Age.
Les dix contes qui suivent apportent un contraste voulu avec le récit principal: autant son atmosphère est tragique, autant la plupart de ces "brièves nouvelles" sont réjouissantes. Comme la jolie légende sur la rougeur des coquelicots, ou l’hommage, d’une tonalité presque libertine, aux belles Picardes…
Au total, Fabart offre un livre passionnant qui, à notre connaissance, n’avait jamais été réédité depuis sa première parution, en 1892.

Premières pages du Roman

… "Le dimanche, après la danse, quand le soleil décline, gars et fillettes, tout en devisant d’amour, n’allez point jusqu’à la fosse Maupiteuse: vous pourriez y rencontrer l’ombre de Jacques-la-Hart, qui fut mauvais homme en sa vie terrestre, et vous vous enfuiriez d’épouvante.
"Or, comme les filles courent moins vite que les garçons et que, souvent, par habitude de curiosité, elles se retournent en courant, elles se trouveraient, sans défense, sous le coup des baisers de l’ombre maudite et il en adviendrait grand dommage pour leurs jolies tailles…"

Tel est le résumé d’une complainte picarde que mère Guite, une vieille à l’esprit du " Bon vieux Temps", nous chantait parfois à la veillée et qu’un soir elle nous commenta comme suit :
"— Jacques-la-Hart, voyez-vous, mes enfants, — je tiens cette histoire de mon grand-père, qui lui-même la tenait de son bisaïeul, — était un mauvais bougre qui ne croyait ni à Dieu, ni à Diable. Il avait recruté une bande de rien-qui-vaille comme lui, (il y en avait beaucoup dans ce temps là ; il y en a encore à présent !) gens de tous âges et de tous pays, sans feu, ni lieu, avec lesquels il pénétrait nuitamment et de force dans les bonnes maisons.
Et, pendant que ses compagnons harcelaient, brûlaient, tuaient et pillaient, Jacques-la-Hart faisait pire encore: il vergondait les filles sages qu’il trouvait à sa portée et convenance.
C’est ainsi, entre autres abominations, que les gredins détruisirent le château de Fignières et mirent à mal ceux et celles qui l’habitaient.
Mais on a beau nier Dieu, il existe tout de même et le triomphe des méchants ne dure pas, parce qu’il lui fait injure: par la grâce et la volonté du bon Dieu, toutes ces vilenies eurent la fin qu’elles méritaient.
Il arriva, après le saccage du château de Fignières, qu’une troupe de gens courageux se réunirent, les Seigneurs en tête, et tombèrent sur les chenapans qui furent tous, du premier au...

Analyse du bon vieux temps, récits du pays de Picardie.

Picard s’il en fut, Félix Fabart dédia cette oeuvre à Léon Duvauchel, auteur notamment du Tourbier (réédité également par les Editions du Trotteur ailé, même collection) et à ses amis et collègues du Cercle des Francs-Picards à Paris. Il s’inspira des Récits du pays de Picardie rédigés au siècle précédent par le curé J.B. Charpentier.

L’action principale du Bon Vieux Temps se déroule à Fignières, à une lieue de Montdidier, durant la Guerre de Cent ans. Le village possédait alors, selon l’hypothèse de l’auteur, château et châtelain.
Fabart n’utilise pas l’expression "bon vieux temp" au sens littéral, mais au contraire avec ironie - ce qui lui attribue un sens opposé ! Il situait cette période du début du Moyen Age à Louis XV.

Cette oeuvre étonne par sa table des matières atypique en quatre parties.
La première justifie l’origine de la Jacquerie (de Jacques Bonhomme, surnom donné aux manants) qui secoua Fignières et toute la région en 1358. Les Picards eux-mêmes l’ignorent souvent: avant de devenir une appellation très générale, maintenant appliquée à toute révolte violente, mais sans lendemain, de "gens d’en bas", la Jacquerie proprement dite partit de Picardie...
Lire la suite de l'analyse de Jean Pierre Steckiewiez à la fin du roman.

L'auteur: Félix Fabart


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(Ouvrage de 192 pages
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Thèmes du livre : Jacquerie, Littérature, Santerre, Somme