Honoré de Balzac

Jean-louis Andreani
Auteurs

Honoré de Balzac
Il naquit le 20 mai 1799 à Tours, mourut le 18 août 1850 à Paris.
Une vie courte, mais riche et intense à l’image de son oeuvre monumentale, la Comédie humaine composée de 91 ouvrages auxquels il convient d’ajouter 48 volumes inachevés, certains assez avancés pour être publiés après sa mort.

Cette Comédie humaine comporte, selon la classification de Balzac lui-même, des études de moeurs, des études philosophiques et des études analytiques. Elle dresse un tableau de l’espèce humaine et de son fonctionnement, brosse un vaste portrait des réalités sociales et historiques à travers des personnages qui figuraient la société de son siècle : lui-même et ceux qu’il côtoya, du plus humble à l’élite.

Qui ne connaît pas Les Chouans, Le médecin de campagne, Eugénie Grandet, Le Colonel Chabert, Le Père Goriot… ? Une soixantaine des oeuvres de Balzac ont été adaptées au théâtre, autant sous forme de films, une trentaine sous forme de téléfilms. Josée Dayan en 1988, réalisa un téléfilm narrant la vie de l’auteur.

Mais qui était Honoré de Balzac ?
Né d’un père administrateur de l’hospice de Tours et d’une mère belle et fortunée, il fut l’aîné de deux soeurs et d’un frère. À cinq ans, il lisait des volumes entiers à longueur de journée. Il entra plus tard au collège des Oratoires de Vendôme, qu’il fréquenta jusqu’à l’âge de 14 ans. Ses professeurs le jugeaient comme un élève paresseux et incapable, en dépit de sa prodigieuse mémoire et de son goût pour la lecture : il dévorait sans discernement, y compris le dictionnaire.

En 1814, la famille Balzac s’installa à Paris. Honoré fréquenta simultanément l’école de Droit, la Sorbonne et le Collège de France pour devenir avocat à 20 ans. Clerc chez un avoué puis chez un notaire, il négocia avec son père la possibilité de consacrer deux ans à la littérature et s’installa rue de Lesdiguières (IVème arrondissement) dans une mansarde ouverte à tous les vents, qu’il décrivit dans Peau de chagrin : La lampe brille comme une étoile au front de la maison noire, la neige descend sur les tuiles disjointes, le vent souffle à travers la porte et la fenêtre. Il écrivit là quelques pièces de théâtre (dont un Cromwell en 5 actes) qui n’obtinrent aucun succès, sans attaquer sa foi en lui-même : Les idées m’accablent mais je suis arrêté par mon peu de génie dans la versification. Je rongerai souvent mes ongles avant d’achever mon premier monument, confia-t-il à sa soeur Laure.

Malade, épuisé, affamé, il rentra dans le giron familial puis commit des ouvrages sous divers pseudonymes, ouvrages que la postérité ne garda pas.
En 1822, il devint l’amant de Laure de Berny qui l’encouragea et le finança. C’est à cette époque qu’il conçut et écrivit Wann-Chlore (publié en 1825) dont la ville de Chambly (Oise) est l’un des lieux principaux. L’insuccès de ce roman, publié de façon anonyme, le mua en homme d’affaires… endetté à tel point qu’il dut parfois fuir police et créanciers sous des noms d’emprunt.
Puis la duchesse d’Abrantes, sa nouvelle maîtresse, lui permit de fréquenter les salons à la mode, celui de Mme Récamier par exemple. Le roman Les Chouans (1829) marqua le début d’une période littéraire riche en succès.

Balzac aimait avec passion le faste, la grandeur, l’opulence et la prodigalité. Il s’attribua une particule, prétendait descendre de la famille d’Entragues dont les écussons brillèrent sur la livrée de ses serviteurs - quand il avait les moyens d’en avoir.
Son orgueil était si grand que ses pairs et les critiques l’éreintèrent sans pitié. Ainsi, Balzac affirmait : « Il n’y a en France que trois hommes qui sachent écrire notre langue : moi, Théophile Gautier et Victor Hugo ». Ou alors, en 1844 dans une lettre à Madame Hanska, comtesse polonaise avec qui il correspondit pendant dix-sept ans et se maria quelques mois avant de mourir : Quatre hommes auront eu une vie immense : Napoléon, Cuvier, O’Connell, et je serai le quatrième.
Le premier a vécu la vie de l’Europe, il s’est inoculé des armées ; le second a épousé le globe ; le troisième s’est incarné un peuple ; moi j’ai porté une société toute entière dans ma tête.

Sa soeur préférée, Laure Surville, publia une biographie de Balzac en 1858. Elle y écrivit à son propos : Il avait l’originalité, la mémoire, l’esprit d’observation et le jugement de son père, - l’imagination, l’activité de sa mère -, de tous les deux, enfin, l’énergie et la bonté.
Edmond Werdet, éditeur ami de Balzac, dans Portrait intime de Balzac, sa vie son humeur son caractère (1859), le considérait comme le maréchal de la littérature française, mais aussi comme un simple mortel avec sa part de faiblesses humaines, un orgueil incommensurable, une soif ardente
de richesses, quelques vices mêlés à quelques vertus, de bonnes comme de mauvaises qualités de coeur.

Honoré de Balzac mourut d’un oedème aggravé par la gangrène. Il était ruiné et habitait au milieu d’un luxe inouï dans un palais situé rue Fortunée (VIIIème), aujourd’hui rue Balzac. Victor Hugo prononça d’admirables paroles d’adieu lors de ses obsèques : Ce travailleur puissant et jamais fatigué, ce philosophe, ce penseur, ce poète, a vécu parmi nous d’une vie d’orages, de luttes, de querelles et de combats…

Notes sur l'écrivain par Jean-Pierre Steckiewiez

Roman de Balzac édité par le Trotteur Ailé

Wann-Chlore, édité en mars 2009 dans la collection Lettres de Picardie