Champfleury

Jean-louis Andreani
Auteurs

Jules Fleury-Husson, dit Champfleury, est né à Laon (Aisne) le 10 septembre 1821. Fils d’un secrétaire de mairie et d’une marchande d’épicerie, de bimbeloterie et de jouets, il ne reçut guère d’éducation et
interrompit ses études pour des raisons financières. Après quelques publications en vers à Laon, il gagna Paris pour travailler chez un libraire et débuter sa véritable carrière littéraire.

Autodidacte, caractère indépendant, tenace, grand observateur et amateur de farces, il fut journaliste (y compris au Journal de l’Aisne fondé par son père et dont son frère aîné Edouard était le rédacteur), romancier (Les aventures de Mademoiselle Mariette ; Les Oies de Noël, réédité sous le titre L’usurier Blaizot, pratique qui ne gênait pas l’auteur ; Les souffrances du professeur Delteil ; Les bourgeois de Molinchart…), nouvelliste (Confessions de Sylvius, Les trouvailles de M. Bretoncel…), critique d’art (Vie et oeuvre des frères Le Nain, Laonnois comme lui ; Henri Monnier, sa vie, son oeuvre…).

Ami de Victor Hugo, de Gustave Flaubert et du peintre Courbet, admirateur de Balzac, bohème repenti, Champfleury fut le cofondateur de la revue Le Réalisme. Il publia un manifeste en faveur de l’art vrai tant en littérature qu’en peinture. Les polémistes de l’époque lui attribuèrent la paternité de cette nouvelle école. Peint par Courbet, photographié par Nadar qui immortalisa toutes les célébrités contemporaines, fanatique de Wagner, tous les arts le passionnaient.

Ses romans, qui relatent de manière réaliste la vie de la bohème et celle de la petite bourgeoisie, furent parfois tirés à cent mille exemplaires.

Les critiques ne l’épargnèrent pas mais ses capacités d’homme d’avantgarde lui valurent l’admiration de Baudelaire qui rechercha son amitié. Les frères Goncourt, dont il était un farouche opposant, le caricaturèrent dans leur roman Charles Demailly. A ce propos, Champfleury écrivit une Histoire de la caricature et fut lui-même maintes fois croqué, ce qui était plutôt aisé en raison de sa chevelure indisciplinée, de son menton en galoche, de son nez épaté et puissant, de sa moustache et de ses sourcils touffus, de son sempiternel binocle.

Illustré par Delacroix, Viollet-le-Duc, Manet, Mérimée, son ouvrage Les chats : histoire, moeurs,  observations, anecdotes (1869) remporta un triomphe immédiat.

Grand spécialiste de la faïence, il rédigea une Histoire des faïences patriotiques sous la Révolution et collectionna des pièces anciennes, manie dont il se moqua dans Le Violon de faïence.
En 1872 il fut nommé Conservateur du Musée de Sèvres puis Administrateur de la Manufacture nationale de Sèvres, ce qui lui permit de garantir la subsistance de son épouse et de ses enfants. En
effet, son oeuvre, aussi vaste que diverse, ne lui permit jamais de faire fortune.

Champfleury, critique sans concession pour les autres comme pour lui-même, cessa peu à peu d’être de son temps, dépassé qu’il fut par des contemporains plus jeunes tels que Guy de Maupassant et Emile Zola.
Il mourut à Sèvres en 1889.

Notes sur l'écrivain par Jean-Pierre Steckiewiez

Romans de Champfleury édités par le Trotteur Ailé

Les Souffrances du Professeur Delteil édité en Juin 2008 dans la collection Lettres de Picardie
Les Bourgeois de Molinchart édité en novembre 2009 dans la collection Lettres de Picardie