Alexandre Dumas

Jean-louis Andreani
Auteurs

Alexandre Dumas
Alexandre Davy de la Paillerie dit Dumas et son ami Victor Hugo possèdent au moins quatre points communs : nés en 1802 (ce siècle avait deux ans), fils de généraux, écrivains prolifiques, ils reposent au Panthéon.
Alexandre Dumas naquit à Villers-Cotterêts (Aisne). Métis quarteron par une grand-mère esclave à Saint-Domingue, il perdit son père à quatre ans, perte cruelle qui influença son oeuvre. Il reçut une éducation médiocre et négligea ses études. D’abord clerc de notaire à Crépy en Valois (Oise), il s’installa ensuite en 1823 à Paris où il exerça la fonction d’expéditionnaire auprès du Duc d’Orléans jusqu’en 1830. Véritable force de la nature à l’image de Porthos, son personnage préféré, il mena une vie toujours foisonnante, parfois tapageuse, aux multiples facettes.

Après plusieurs pièces non jouées, la Comédie Française inscrivit à son répertoire Henri III et sa cour – dix oeuvres de Dumas le furent du vivant de l’auteur ! Homme de théâtre, il écrivit ou adapta bien
d’autres pièces et fit même construire en 1846 le Théâtre-Historique dans lequel furent représentées, entre autres, les oeuvres de ses inspirateurs : Shakespeare, Walter Scott, Goethe, Schiller…
Homme de roman, il créa un nouveau genre : le roman historique. Parmi les dizaines de titres ressortent : Les trois mousquetaires (Que d’adaptations au cinéma et au théâtre, la dernière D’Artagnan et les trois mousquetaires se joue actuellement à Montréal !), Vingt ans après, Le Vicomte de Bragelonne, La Reine Margot, Joseph Basalmo, Le Comte de Monte-Christo… Michelet écrivit d’ailleurs à propos de Dumas qu’il avait fait plus pour l’histoire que tous les historiens réunis.

Homme de voyage, il visita, entre 1832 et 1859, la Suisse, l’Italie et la Sicile, l’Allemagne, l’Espagne, l’Afrique du Nord, la Russie. Il écrivit ses Impressions de voyage. Journaliste, il collabora à la plupart des journaux parisiens de l’époque, devint rédacteur en chef de La Psyché. Il fonda des publications plus ou moins éphémères : le Mousquetaire (1853-57), le Monte-Christo (1857-60), l’Independente (à Palerme, en français et en italien, 1860-64), un deuxième Mousquetaire (1866-67), le D’Artagnan -66 numéros en 1866), Théâtre-Journal (1868-69). Homme engagé, il soutint Victor Hugo lors de la bataille d’Hernani, fit le coup de feu durant la Révolution de 1830, participa à celle de 1848, rejoignit Garibaldi à Palerme en 1860. Il écrivit des Chroniques historiques et d’abondants Mémoires.
Homme bâtisseur, il fit ériger en 1846, au Port-Marly, non loin de Versailles, le Château de Monte-Cristo, somptueuse demeure à son image, mélange de Renaissance, de baroque et de gothique. Il le vendit en 1850 à la suite d’une faillite qui l’obligea l’année suivante à fuir en Belgique pour échapper à ses créanciers… et rejoindre son ami Hugo en exil.

Homme charitable, indulgent insouciant mais travailleur infatigable à l’oeuvre colossale, Dumas termina sa vie grâce aux subsides de son fils naturel, auteur de La dame aux camélias Il mourut à Puys, près de Dieppe, le 5 décembre 1870 sans connaître la République qu’il espérait tant.

Pour conclure, appréciez ce mot de Lamartine à Alexandre Dumas : "On avait cherché le mouvement perpétuel, vous avez fait mieux : vous avez créé l’étonnement perpétuel."
Et cette réponse de Dumas lui-même à la question "Où aimeriezvous vivre ?" : Partout, pourvu que j’aie une femme, du papier, une plume et de l’encre. (Livre d’or de son amie Amélie Ernst, 1868)

Notes sur l'écrivain par Jean-Pierre Steckiewiez

Romans de Dumas édités par le Trotteur Ailé

Le Meneur De Loups, édité en mai 2008 dans la collection Lettres de Picardie
Catherine Blum, édité en juin 2009 dans la collection Lettres de Picardie